Présentation du SOL – Réunion du 26 novembre 2013

Monnaie SOL présentée par Nadia Benqué, administratrice du SOL

Historique
Démarrage en 2000 suite à un passage du livre de Patrick Viveret, “Reconsidérer la richesse”. L’une de ses recommandations était de créer une monnaie locale et solidaire: le SOL était né.
Des groupes comme la MACIF, le Crédit coopératif et Chèque déjeuner se sont impliqués dans le projet. Dépôt d’un projet européen.

Mise en place du fonctionnement
Avec comme interrogations : pourquoi une monnaie ? Comment la faire fonctionner par rapport au système actuel, avec quels outils ?… Le SOL étant un moyen de se réapproprier l’outil monnaie de façon citoyenne.
Expérimentations dans 4 régions: Île-de-France, Bretagne, Rhône-Alpes et Nord-Pas-de-Calais. Il fallait refixer l’économie localement, à partir de ce que les citoyens jugeaient important pour eux. Avec pour cadre, l’économie locale et solidaire (E.S.S.).
A l’époque 30 infrastructures ont adhéré au SOL dont Biocoop. Puis tout s’est arrêté car trop complexe à mettre en place: le système était trop centralisateur. Les acteurs ayant mis de l’argent se sentaient en position de pouvoir…
Mais en 2009 l’analyse des erreurs et la remise à plat du système expérimenté provoquent un changement total du fonctionnement. Il est alors décidé que les territoires auraient plus de pouvoir. Désormais le SOL est un outil au service du territoire.

Au départ 3 types de monnaies complémentaires
SOL Eco, adossé à l’Euro.
L’intérêt d’une monnaie locale est de flécher la consommation dans un certain type de structures. L’important est de changer les choses. La monnaie est un outil de transformation.

SOL Temps, calculé sur une base temps, portée par les associations.
L’idée était que la collectivité puisse reconnaitre la monnaie temps pour des activités culturelles, type théâtre, paniers bio, écologie, solidarité etc.

SOL Affecté, outil développé pour les collectivités locales.
Pour des familles en difficultés. Afin que les enfants puissent participer à des activités culturelles ou sportives… dans des associations agréées. Il a été abandonné en 2009.

AUJOURD’HUI…en 2013
Plusieurs villes tournent avec le SOL comme monnaie d’échange locale: Boulogne sur Mer, Toulouse, Chambéry, Grenoble, et le SOL Lotois.

Le rôle du SOL national
Son objectif est de faire décoller les monnaies locales: faire du lobbying auprès des ministères pour obtenir par exemple la possibilité de payer les taxes locales en monnaie complémentaire, travailler auprès de l’agence du conseil prudentiel ACPR pour légaliser au maximum le fonctionnement de la monnaie locale, etc. Et aussi, agir en tant que conseiller technique: accompagnement, formation, éventuellement au niveau opérationnel avec la fabrication des billets, de cartes de crédit, etc. Nous sommes organisés aujourd’hui en territoires. Le plus important est le SOL violette à Toulouse

Le projet politique du SOL
On part du R.E.V. de Patrick Viveret:
Résistance  créatrice, Expérimentation anticipatrice, Vision transformatrice.

Au début, des constats et beaucoup d’indignations.
1/La monnaie ne circule pas où elle utile
Elle circule à 2% dans l’économie réelle et à 98% dans l’économie spéculative. Se crée alors une rareté de monnaie là où on en a le plus besoin. Remettre la monnaie en circulation là où il y en a besoin, vers l’économie réelle.
2/Le système monétaire a basculé des états nation aux banques commerciales privées.
Leur but commun n’est pas l’intérêt général mais le retour sur investissement à court et moyen terme. La monnaie est un outil au service des banques, c’est une monnaie dette. Cette captation mérite que les citoyens redéfinissent les règles du jeu: une façon reprendre le pouvoir sur l’économie, aujourd’hui.
3/Redéfinition de la richesse
Il existe des porteurs de richesses non comptabilisées, comme la qualité de vie locale… Nous voulons que cela soit pris en compte.

Le SOL conduit à une réappropriation citoyenne de la monnaie, comme outil transformateur, social, économique et écologique. “Qu’est ce qui fait du sens pour les citoyens en local ?”. Son utilisation de monnaie complémentaire implique des valeurs communes: prise en compte du développement durable, respect des personnes et de la planète.

Formation SOL
Par exemple: dans les deux journées de formation que nous proposons, on passe une première journée à déconstruire le système actuel. et la deuxième journée est dédiée à la construction d’un nouveau système.

Question générale
Est ce payant ?
Nadia
Oui si c’est possible c’est mieux.

Julien:
Quel est l’enjeu au niveau global ?
Nadia
Aujourd’hui des monnaies poussent un peu partout. A terme nous voudrions créer une monnaie nationale. Tout le travail que nous effectuons est de re-questionner le système d’aujourd’hui. Comme le lobbying auprès des ministres…

Stéphanie
Combien de temps faut il pour mettre une monnaie en place ?
Nadia
Il faut un an environ…

Isabelle
Il me semble que le temps est l’assise qu’on veut porter. En fait, c’est le lien qui est important. On veut humaniser la monnaie
Nadia
Peut être que cela peut aller un peu plus vite car les gens sont plus conscients. Notre sensibilisation au SOL commence avec  des projections du film sur le Sol violette suivies d’un débat plus détaillé. Nous proposons une formation à l’issue de laquelle des groupes locaux se créent. Nous les accompagnons sur 5 jours pendant 6 ou 8 mois.

Béatrice
Quel est selon toi l’intérêt pour une monnaie locale parisienne d’entrer dans le système SOL ?
Nadia
C’est l’envie… Ensuite c’est un espace assez riche et qui produit en terme d’outil, de moyens, etc. Nos réunions avec les territoires locaux se déroulent toutes les semaines. Nous échangeons des infos, des conseils. Au niveau national, nous donnons un coup de main. Il y a Patrick Viveret. Les échanges nous professionnalisent. Nous avons des séminaires. C’est un réseau qui travaille sur les questions de la monnaie et qui a des valeurs.

Franck
Pour le bien-vivre à Aubervilliers, quels étaient les arguments ? Qu’en avez vous tiré ?
Nadia
A quoi pourrait servir la monnaie ? On utilise cette méthode d’indicateur de bien-vivre. Un livre va sortir sur ce sujet. Nous n’avons pas fini pour l’instant. Nous devons communiquer localement sur le bien vivre et à toutes les associations pour les faire venir. Les critères qui sortent sont à la fois basiques, manger, ou des sentiments de bien-être, des réflexions autour de la démocratie, de pouvoir s’exprimer, la justice etc… Pour nous ça fait du sens
J’ai demandé à la banque que l’argent (5000€) soit utilisé pour le micro crédit et pour financer les associations locales.
Nous rentrons dans une logique de transformation. Plus de liberté, et la question se pose: « qu’est ce que la liberté? ».

Franck
Mon inquiétude, a-t-on l’énergie, en tant que militant, pour du long terme, sans résultats avant un certain temps. Quelle endurance a-t-on pour tenir le cap ?
Nadia
C’est indépendant de la monnaie. Cela mobilise si cela fait du sens. Sinon cela ne fonctionne pas. C’est du boulot. C’est un engagement.

Jean
Avez-vous des liens avec des entreprises et des plateformes collaboratives. Ce pourrait être quantifiable en MLC. Est ce que cela a été tenté ?
Nadia
Non. Mais tout est à faire.

Question générale
Quelles sont les caractéristiques techniques de la monnaie SOL Eco ?
Nadia
1 SOL = 1 Euro. Sur certains territoires, les adhérents ont 5% de SOL de plus, abondés par la collectivité ou la fonte. L’échange d’euros contre du sol comporte une petite pénalité. La fonte représente 2 ou 3% de la valeur du SOL selon la règle fixée par chaque groupe. La fonte est une taxe de stockage.
Le billet garde sa valeur. Cependant à  la date limite de validité, son possesseur doit payer une petite taxe, souvent sous forme de timbre ou de tampon, pour le remettre en circulation. Seuls les particuliers paient cette taxe, pas les commerçants. Tu ne paies que si tu ne le fais pas circuler. La vitesse de rotation de la monnaie va créer de la richesse.

Bruno
Le problème de la fonte est qu’en approchant la date limite de validité, on se refile le mistigri !
Nadia
Non. Il te suffit d’acheter quelque chose. Pas de fonte pour le commerçant. Tu remets le billet en circulation. C’est important, cela change le système. Ce n’est pas une monnaie de réserve.
En achetant des sol tous les mois pour nos besoins, nous pouvons facilement éviter de payer la fonte.

Florence
Ce serait important de comprendre d’un point de vue mécanique quels sont les enjeux. Peut-on faire un groupe de travail pour arriver à comprendre réellement et à décider, en connaissance de cause ce qu’est la monnaie ? L’autre dimension est quelle société on veut ?
Béatrice
On ne peut exclure d’une réflexion économique une partie des gens parce qu’ils sont pauvres et pas suffisamment éduqués. C’est pour cela que la monnaie locale a du sens. Elle nous met au cœur du système économique. On ne va pas se passer de l’argent du jour au lendemain. D’où l’idée de garder une monnaie locale. Certains parlent de banque de temps: faire le ménage le repassage, etc. En même temps, les gens sont tous là pour gagner du fric. On est dépossédé de la monnaie donc il faut qu’on garde la main.
Nadia
La monnaie est un bulletin de vote. Nous développons une économie plus responsable.

Publié dans Compte-rendus, SOL

Compte rendu de la réunion du 22 octobre 2013

Première rencontre
Partage des diverses expérience en cours et à venir…

Béatrice Sculier, conceptrice de projets – Centre social Le Paris des faubourgs, Paris10e
Projet de monnaie locale, Quartier des Portes (Portes saint Denis et saint Martin). Ce projet à but pédagogique vise à permettre aux habitants et adhérents du centre de se réapproprier les mécanismes de l’argent. Ce projet est accompagné d’une exposition sur l’histoire de la monnaie en partenariat avec la BNF, le Musée de la Monnaie, médailles et antiques et le Fonds européen à l’intégration. Le Paris des faubourgs occupe un lieu chargé d’histoire, le Carré Saint-Lazare, en pleine rénovation.

Etienne Hayem, chef de projet – Do Green.
Comment transformer l’économie de l’Île de France en une économie qui fasse du bien à l’environnement et aux humains? En utilisant une monnaie qu’on appellera SYMBA, valorisant les entreprises, les organisations. Cette monnaie sera génératrice d’externalités positives et créera des liens autour d’un systèmes de valeurs communes. Le but est la mise en place d’un large système d’échange inter-organisations : des AMAP, la réparation, l’économie du partage, l’économie collaborative, l’agro-écologie, la permaculture, la phytoremédiation, les toitures végétales…
La création d’une monnaie permet, de facto, à tous ces acteurs de s’accorder un crédit mutuel grâce à un réseau de confiance de personnes et d’organisations capables de décider de leur futur et de leur système de valeurs. Cette monnaie SYMBA ne sera pas convertible en Euros et s’inscrit plus dans un système proche du Barter, d’un troc inter-entreprises (Lyon, Nantes). Ce crédit mutuel fonctionne comme un SEL : on entre dans le système avec ou sans euros, on obtient une autorisation de débit/crédit. L’important est de participer. C’est de l’animation de communauté, une philosophie de coopérative.

Créatrice du concept de l’économie symbiotique et de la société Do Green, Isabelle Delannoy présente son projet d’avenir pour 2030 :

Florence Eliakim, initiatrice du projet MAZAG.
Réseau d’échanges de savoirs et de services qui vise à augmenter le pouvoir économique, culturel et citoyen des habitants du quartier sous forme de petits carnets en guise de monnaie. MAZAG s’inscrit dans la lignée des SELs (d’échanges locaux), des accorderies (banque de temps) et des réseaux d’échanges. Mazag Belleville

Franck Mastelinck
Pour le groupe Montreuil, l’éthique est dans L’ADN de la monnaie locale : si un commerçant vend des produits classiques et non éthiques, les euros eux, sont sur un compte éthique. Ce projet très large, est une invitation à être imité par d’autres villes populaires. Il démontre que la monnaie complémentaire est accessible à tout le monde. Sur une somme échangée en Euros pour des Pêches (1Pêche= 1 Euro) 3% vont directement à l’association choisie par l’adhérent. Cela contribue à consolider le tissus social et culturel du territoire montreuillois. La monnaie apparaîtra en décembre et sera disponible sous forme de billets. Monnaie locale de Montreuil

Jean G. Poncharal
Projet en SCIC d’aide à l’insertion d’hommes âgés en situation précaire, dans un projet d’entretien d’immeubles : les travaux sont rémunérés par l’association des co-locataires.  Une étude projette qu’une partie de cette rémunération puisse être versée en monnaie locale.

Projets du groupe

Accompagner la création de la monnaie locale dans le 10e arrondissement, en fonction de l’investissement des habitants. – Formation de deux jours par le SOL avec Nadia Benqué, directrice associée.

Prochaine rencontre

le 12 novembre prochain de 19h à 22h à la réunion publique avec les habitants du 10e arrondissement, organisée par le Centre social Paris des faubourgs et animée par Béatrice Sculier.
Contact : mlcparis10@gmail.com
Adresse : 12 rue de la Ferme Saint-Lazare, Paris 10 Plan d’accès

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